Au sein de la vie de chacun, il y a parfois des jours bénis sonnant l'avènement d'une vie nouvelle. Lors de ces fameux jours, malgré les guerres, les famines, les désoeuvrés, on est si bien que rien ne peut venir troubler notre petit paradis. Cette contrée édénique fait de nous une sorte de mélodie du bonheur que l'on n'a même pas besoin de chanter pour qu'elle se fasse entendre. Les cuivres de Miles Davis, faisant frissonner nos moindres poils, deviennent les choristes de ce nouvel état sans frontière, où l'on prend plaisir à se saouler de cette boisson nouvelle. On y chante l'ode à la joie, justifiant là tous nos pleurs passés et nos mouchoirs éventrés, qui parfois se faisait si nombreux qu'on semblait les collectionner. Dans ces moments, l'éternité prend enfin tout son sens car on se sent beau et fort. L'impression que rien ne peut nous atteindre empli tout nos globules, ni rouge ni blanc, tous roses dès lors. On est comme amoureux, non pas d'un être mais de la vie. Même seul on est nombreux. C'est même bien plus fort, car rien ne légitime ce sentiment. Pas d'être aimé, de projet réussi, rien ! La gratuité de ce sentiment illuminant notre âme nous fait comprendre combien plus grande en est la bénédiction. Alors on se demande: '' pourquoi moi ? ''; Puis, peu après ça n'importe plus. Seul nous importe la façon dont on va faire fructifier ce sentiment ou quelle contrée on va pouvoir arroser de cet engrais magique. En général, les premières minutes de ces jours puent le bonheur à plein nez. C'est bon tellement ça pue, c'est limite indécent. Cette fragrance en est si forte qu'elle pourrait à elle seule éradiquer le virus H.I.É de la détresse humaine.