Extrait du chapitre ILe chantier ?tait d?sert.Au milieu des d?combres de la maison d?molie, au travers des pierres neuves r?cemment taill?es pour la maison ? reconstruire, flambait le feu de bivouac allum? par l'invalide, gardien du chantier et des mat?riaux.La nuit ?tait sombre, les bruits de la grande ville s'?teignaient, et la derni?re voiture de bal ?tait rentr?e.Car cela se passait, il y a quelques jours ? peine, au milieu du Paris moderne, ? deux pas du boulevard et de la colonne Vend?me, et sur l'emplacement de cette maison o? Tahan ?talait ses richesses artistiques et Basset ses ?crins de perles fines et de diamants.Avait-on mis Paris ? feu et ? sang ? Quelque horde barbare venue du Nord avait-elle conquis la reine des cit?s et sem? sur son passage la mis?re et la d?solation ? Cette lueur rouge?tre, qui se projetait sur un amas de d?combres, ?tait-elle le feu de nuit des vainqueurs ?C'est l'image de la d?solation et son chaos !Un peu plus loin le calme enfi?vr? de Paris qui dort apr?s une nuit de plaisir.La horde barbare qui avait fait un monceau de ruines de la rue de la Paix, n'?tait autre qu'une troupe et de ma?ons et de Limousins inoffensifs.Paris ?tait conquis par le Limousin, et la rue Turbigo passait.Si le jour e?t paru, on e?t pu voir une longue br?che partant du boulevard des Capucines et se prolongeant jusqu'? la rue de Choiseul.D'un c?t?, les vieilles maisons tombaient en poussi?re ; de l'autre, s'?levaient des constructions nouvelles qui montaient peu ? peu, h?riss?es d'?chafaudages supportant une l?gion d'ouvriers de toute sorte.Mais ? cette heure, on e?t dit un champ de bataille apr?s l'enterrement des morts.Partout le silence et l'obscurit?, partout des d?combres ; et en travers de cette ville saccag?e, deux hommes qui veillaient aupr?s d'un feu allum? avec des poutres vermoulues et des persiennes en morceaux.L'un de ces deux hommes ?tait un invalide ; l'autre un pauvre diable de ma?on, qui s'?tait couch? devant le feu, roul? dans un lambeau de vieille couverture.